La néphrite lupique est une complication du lupus érythémateux disséminé (LED), la forme la plus courante de lupus. Le lupus est une maladie auto-immune, ce qui signifie que le système immunitaire produit des anticorps qui attaquent par erreur les organes et les tissus de l’organisme. Lorsque ces anticorps s’attaquent aux reins, ils provoquent une maladie rénale appelée néphrite lupique.
La néphrite lupique est divisée en six classes ou stades. Les médecins utilisent ces classes pour décrire l’ampleur des dommages subis par les reins. Cette classification aide les personnes atteintes et leur équipe médicale à prendre des décisions concernant le traitement et à suivre l’évolution de la maladie.
Comment les classes de néphrite lupique sont-elles diagnostiquées?
Les professionnels de la santé diagnostiquent généralement les différentes classes de néphrite lupique en examinant un échantillon de tissu rénal au microscope. Cela nécessite une biopsie rénale, également appelée biopsie du rein, qui consiste à prélever un petit fragment de tissu rénal.
Un pathologiste — médecin spécialisé dans l’étude des tissus — examine les glomérules (petits vaisseaux sanguins des reins) responsables de la filtration des déchets et de l’excès de liquide dans le sang. Les lésions des glomérules constituent une caractéristique importante de la néphrite lupique et permettent de déterminer le stade de la maladie.
Lorsque les glomérules sont endommagés, les reins ne peuvent plus éliminer efficacement les déchets et l’excès de liquide du sang. Par conséquent, des éléments importants comme les protéines et les cellules sanguines, qui devraient normalement rester dans l’organisme, peuvent être éliminés dans l’urine. Cela peut entraîner des symptômes de néphrite lupique, notamment :
- Protéinurie : présence excessive de protéines dans l’urine, donnant une urine mousseuse ou écumeuse.
- Hématurie : présence de sang dans l’urine, donnant une urine rosée ou brun pâle.
- Œdème : enflure autour des yeux ou dans la partie inférieure du corps causée par un excès de liquide.
- Hypertension artérielle.
- Prise de poids due à la rétention de liquide.
- Mictions fréquentes.
Vos symptômes, combinés aux analyses sanguines et urinaires, peuvent aider le médecin à déterminer le stade de votre néphrite lupique.
Classe 1 : Glomérulonéphrite mésangiale minime
La classe 1 (classe I) est diagnostiquée lorsqu’il y a peu ou pas de lésions rénales, mais qu’une certaine activité immunitaire — appelée dépôt immunitaire ou complexe immunitaire — est présente.
Les personnes atteintes d’une néphrite lupique de classe 1 présentent généralement des analyses d’urine normales ou seulement une faible protéinurie.
Classe 2 : Glomérulonéphrite mésangiale proliférative
La classe 2 (classe II) implique certaines lésions rénales, contrairement à la classe 1.
Les analyses d’urine peuvent révéler des quantités microscopiques de sang ou des niveaux de protéines supérieurs à la normale. Lorsqu’un pathologiste examine le tissu rénal, il observe davantage de changements que dans la classe 1.
Classe 3 : Glomérulonéphrite focale
Dans la classe 3 (classe III), 50 % ou moins des glomérules sont touchés.
Le pathologiste peut observer une accumulation de dépôts immunitaires dans le tissu rénal, causant des dommages aux reins. La quantité de sang ou de protéines dans l’urine peut être plus élevée qu’au stade 2. La personne peut également souffrir d’hypertension artérielle.
Classe 4 : Néphrite proliférative diffuse
Une personne reçoit un diagnostic de classe 4 (classe IV) lorsque plus de la moitié des glomérules sont atteints.
Le pathologiste peut constater une accumulation importante de dépôts immunitaires dans les tissus rénaux. Les personnes à ce stade présentent souvent du sang dans les urines, des taux élevés de protéines urinaires et de l’hypertension artérielle.
Classe 5 : Glomérulonéphrite membraneuse
Dans la classe 5 (classe V), le pathologiste peut observer une quantité excessive de complexes immunitaires dans les reins.
Les personnes à ce stade présentent également fréquemment du sang dans l’urine, une protéinurie importante et de l’hypertension artérielle.
Classe 6 : Néphrite scléreuse avancée
La classe 6 (classe VI) survient lorsque plus de 90 % des glomérules sont endommagés.
Les personnes atteintes d’une néphrite lupique de classe 6 développent généralement une maladie rénale terminale (MRT), également appelée insuffisance rénale terminale. Elles sont plus susceptibles d’avoir besoin d’une dialyse ou d’une transplantation rénale.
Les symptômes de la néphrite lupique de classe 6 comprennent tous les symptômes associés à la néphrite lupique ainsi que des symptômes d’insuffisance rénale, notamment :
- Nausées
- Vomissements
- Fatigue
- Perte d’appétit
- Goût métallique dans la bouche lors des repas
- Enflure du corps (particulièrement du visage, des chevilles et des mains)
- Crampes
- Démangeaisons (prurit)
Le traitement de la néphrite lupique selon la classe
Le traitement de la néphrite lupique varie selon le stade de la maladie :
Classe 1
Cette classe ne nécessite généralement pas de traitement spécifique. Toutefois, le rhumatologue assurera un suivi étroit au moyen de consultations régulières. Un traitement peut néanmoins être requis si le lupus touche d’autres systèmes de l’organisme, notamment :
- Le système sanguin et lymphatique
- Le système musculosquelettique
- Le système nerveux
- Le système cardiovasculaire
Classe 2
Certaines personnes n’ont pas besoin de traitement. D’autres peuvent recevoir des corticostéroïdes (stéroïdes) afin de réduire l’inflammation et de calmer l’activité du système immunitaire (traitement immunosuppresseur).
Classes 3 à 5
Ces stades nécessitent généralement :
- Des médicaments immunosuppresseurs
- Des corticostéroïdes
- Des médicaments pour contrôler la pression artérielle
Un traitement immunosuppresseur plus intensif est utilisé pour ces classes, car une prise en charge rapide et appropriée peut aider à prévenir des dommages rénaux permanents.
Classe 6
Les personnes atteintes d’une néphrite lupique de classe 6 auront probablement besoin d’une dialyse ou d’une transplantation rénale.
À ce stade, la majeure partie du tissu rénal est endommagée. Le traitement vise donc principalement les soins de soutien, c’est-à-dire la prise en charge des symptômes et l’amélioration de la qualité de vie.
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